On assimile souvent les requins à des prédateurs rapides navigant exclusivement dans les eaux de surfaces, mais en réalité 60 % des 400 espèces de requins connues dans le monde vivent à un rythme ralenti dans les profondeurs des océans.
Seule une infime proportion de ces espèces profondes migre en direction de la surface la nuit. Par conséquent, les requins des ténèbres sont encore très énigmatiques.
Les aiguillats et les pailonas, qui mesurent 90 à 160 centimètres, sont les requins profonds les plus exploités, aujourd'hui. Ils sont recherchés pour une huile que contient leur foie en forte concentration: le squalène, surtout utilisé dans l'industrie cométique.
Or les requins profonds ont un métabolisme ralenti, une reproduction tardive, une gestation très longue et de petites portées. A cause de ce cumul de facteurs, leur exploitation commerciale n'est pas viable.
Dans le nord de l'Atlantique, on estime par exemple que leur population a chuté de 80 % depuis 1992. Certains spécialistes pensent que de toutes les espèces profondes, les requins sont les plus menacés d'extinction si la pêche n'est pas strictement et rapidement régulée.